Catégorie : Dans les marges

Impressions à chaud sans obligation d’heure ni de jour.

  • Journée des droits des femmes

    Journée des droits des femmes

    Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois parce que nous les avons faites sans elles.
    Montaigne

    Quelques mots extraits de lectures qui me semblent correspondre à la journée des droits des femmes. Ce partage de notes de lectures est ma modeste contribution. Cependant je dois dire que je vois aussi autour de moi beaucoup de jeunes couples en harmonie, respectueux l’un de l’autre, la parité est peut-être plus visible dans la jeunesse… Cependant restons vigilants.

    S'abandonner à la lecture

    Il ne s’est rien passé aussi longtemps qu’on ne l’a pas écrit.

    Virginia Woolf


    […] leur présence dans le monde du travail étant elle-même la clé de toutes les autonomies possibles, dès lors qu’elles se sont (bien tardivement) vues accorder le droit de vote et qu’elles arracheront (encore plus tardivement) la maîtrise du calendrier de leurs maternités éventuelles.
    Suzanne Gousse


    Quand la beauté de la femme est l’effet de sa liberté, elle cesse d’être un spectacle. Elle est une activité, un mouvement, un désir.


    Le conformisme est de retour ; mais, incarné par des femmes, il peut se révéler plus redoutable encore, notamment pour celles qui ont vingt ans aujourd’hui. C’est pourquoi la lecture du Deuxième Sexe me paraît plus nécessaire que jamais, non seulement pour retrouver un modèle de combativité et d’indépendance d’esprit, mais parce qu’à ce jour je ne connais pas une philosophie plus libératrice pour les femmes que celle qui préside à cet ouvrage.

    Ne nous y trompons pas, c’est en grande partie grâce au retentissement du Deuxième Sexe que la contraception, l’avortement ou le concubinage ont été reconnus comme légitimes dans nos sociétés.

    Asservissement

    […] la femme française est un trésor national, quasiment une marque déposée. Elle a pour noble mission de perpétuer l’image d’élégance associée au pays, ne serait-ce que pour servir le rayonnement international des deux géants français du luxe, Moët Hennessy Louis Vuitton (LVMH), le groupe de Bernard Arnault, et Pinault Printemps Redoute (PPR), celui de François Pinault (propriétaire notamment de Gucci et d’Yves Saint Laurent).

    portrait

    Avec l’aide du discours des magazines féminins qui a viré à l’entreprise de décervelage pur et simple. Dans les magazines pour adolescentes, les seules femmes qui sont mises en vedette, ce sont les mannequins et les actrices. Forcément, leurs lectrices en déduisent que c’est cela, la réussite pour une femme. Une question : une actrice dont le physique ne correspond pas aux critères de ce milieu ou qui se désintéresse de la mode, qui n’assiste pas aux défilés, qui refuse d’ouvrir les portes de son dressing ou de décrire sa « routine beauté » a-t-elle encore une chance de percer ? Ce refus d’être en représentation permanente, d’être séduisante, « sexy » et « féminine » à toute heure du jour est impardonnable.

    Ce qui change aujourd’hui, c’est le peu de résistance que rencontre désormais cette pression ; c’est l’acceptation résignée ou enthousiaste, par les principales intéressées, de l’idée que l’essentiel de la valeur d’une femme dépend de son apparence.
    Mona Chollet


    anya_berger

    Hors réalité
    C’est pourtant peu dire que Carrie, Charlotte, Miranda et Samantha, évoluant dans le microcosme de Manhattan et exerçant respectivement les professions de journaliste, galeriste, avocate et attachée de presse, ne sont pas représentatives. Elles sont l’arbre qui cache la forêt, la petite élite privilégiée dissimulant la masse de toutes celles pour qui, compte tenu de leur situation financière, l’indépendance conquise par leurs aînées reste lettre morte. Non seulement les femmes, dans leur grande majorité, pâtissent comme les hommes de l’accroissement des inégalités sociales – constaté en France dans la période récente, et de longue date aux États-Unis –, mais elles sont aussi plus touchées par la pauvreté et le travail précaire. En France, rappelons-le, elles gagnent en moyenne 27 % de moins que leurs collègues masculins.

    Ce qui est rejeté, c’est la figure maternelle, perçue comme à la fois trop puissante – quand il s’agit de sa propre mère – et trop faible, trop vulnérable – quand il s’agit des mères en général et de leur statut social, puisqu’elles sont autant méprisées qu’hypocritement glorifiées. Une jeune fille dit ainsi vouloir rester une enfant, « comme Peter Pan » ; c’est-à-dire être un garçon.

    masques

    Elle veut donner satisfaction, elle veut s’adapter, ne pas faire de vagues, elle veut convenir.


    L’idéal de beauté actuel pour les femmes, dit Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire, c’est, paradoxalement, « un garçon avec des seins » : une liane aux hanches étroites, aux fesses fermes et rebondies mais peu opulentes (les seins, en effet, sont tolérés et même appréciés, à condition qu’ils soient ronds et fermes). J’ai connu une fille qui a développé des hanches et des seins à la sortie de l’adolescence. Son agence lui a dit de “faire attention” car elle était “en train de devenir une femme”. Comme si devenir une femme était quelque chose à éviter !
    Si les femmes se laissaient moins facilement persuader de leur indignité physique, le marché de la chirurgie esthétique, aujourd’hui en croissance exponentielle, s’effondrerait, et les médecins retourneraient soigner.


    Jane Austen, une moderne au XIXe Siècle
    La focalisation sur la femme est encore très rare à l’époque : les artistes et les écrivains n’accordent en général qu’une place restreinte à la gent féminine, celle-ci étant considérée comme inférieure. Les romans de Jane Austen, structurés autour d’une héroïne et s’intéressant de près à sa vie et à ses sentiments, qui de plus sont écrits par une femme qui n’hésite pas à donner son point de vue sur la condition féminine, font donc figure d’exception dans le paysage littéraire du début du XIXe siècle.

    Voir mon article : Un 8 Mars

    #journeeinternationaledesdroitsdesfemmes

  • À bicyclette…

    À bicyclette…

    Un article qui fait plaisir

    pedaler

    Je le partage avec ceux qui aiment faire de la bicyclette sur les chemins, de bon matin…

    Lien : Copenhague est un paradis pour les vélos !
    Déjà, en 2015, un classement mettait cette capitale européenne au premier rang mondial des villes « vélo friendly », devant Amsterdam et Utrecht (Nantes, première ville française du classement, occupant fièrement la septième place.)

    Quand on partait de bon matin
    Quand on partait sur les chemins
    À bicyclette
    Nous étions quelques bons copains
    Y avait Fernand y avait Firmin
    Y avait Francis et Sébastien
    Et puis Paulette…

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  • Gorge Cœur Ventre

    Gorge Cœur Ventre

    […] Ce film suscite aussi de la peur, celle de se dire qu’hypothétiquement, dans quelques années – s’il y a un changement de paradigme, quand plus personne ne mangera de viande, ces images seront regardées et notre époque sera jugée en conséquence. De telles images seront obscènes, insupportables, censurées peut-être. Il sera difficile d’imaginer que nous étions depuis l’enfance conditionnés à distinguer les animaux et le steak. Une fois cette dichotomie effondrée, c’est l’horreur qui saute violemment aux yeux et l’impossibilité de faire machine arrière. Une fois ce seuil franchi, l’Histoire nous jugera coupables d’avoir cautionné la mise à mort d’autres êtres vivants, méthodiquement et cruellement, et même d’avoir osé filmer ces images ou de les avoir regardées avec une certaine distance.

    Cette peur et cette honte potentielles sont peut-être une raison enfouie et inconsciente de la lenteur du changement qui tarde à venir et à s’étendre […]  Lire la suite de l’article

  • Ressaisir la valeur d’aimer comme étendard

    Ressaisir la valeur d’aimer comme étendard

    Pour la rentrée et toutes ses promesses d’amélioration d’une vie meilleure pour tous, j’ai eu envie de partager cette réflexion du philosophe D.Guénoun que j’ai trouvé au hasard de mes pérégrinations sur le web ; ses mots m’ont touchée… Je ne dis pas que je suis en accord avec tous ses articles – que je n’ai pas lus d’ailleurs – mais celui-ci a une résonance toute particulière.

    […] Seule la solidarité planétaire sera apte à traiter la misère du monde. Nous devons renoncer à une part de nos avantages pour les partager. Et simultanément, nous devons remettre en cause le système de domination marchand, qui est la priorité du vendable et de l’achetable sur tous les autres modes d’échange humain – pour réévaluer le don, le troc, le sens et le service. Assurément il existe une caste de profiteurs – mais leur domination ne tient que parce qu’un grand nombre de vivants accepte d’en dépendre, et que la très fastueuse domination sait distribuer de micro-dividendes de son faste. Il faut que la population des humains se convie à une solidarité intégrale, sans exclusive, afin de repenser et de redistribuer la vie commune et ses biens. Il ne s’agit pas de sacrifice, mais de joie du partage. C’est du bonheur que l’on veut – et il ne se trouvera aucun bonheur dans des parcs cernés par des murs avec miradors.[…]

    Jasper-Lake-Aurora

    […] aimer, aimer à nouveau, aimer sans réserve, sans borne, sans trêve. On ne sait pas encore le dire dans une apparence moins mièvre. Peu importe. Qui a jamais senti l’amour (chacun, tous) sait ou savent qu’aimer est une non-mièvrerie absolue, une force invincible. Il faut ressaisir la valeur d’aimer comme étendard, même commun, même politique. […]

    Suite de l’article :
    https://denisguenoun.org/2016/08/06/preceptes/

  • Des maraîchers bannis de l’île par des résidents secondaires

    Des maraîchers bannis de l’île par des résidents secondaires

    Petite note suite à la lecture de cet article de Reporterre qui fait un bon résumé de la situation.

    *Lien de l’article sous ma note

    la côte

    Je souligne la grande déception des insulaires dont je fais parti. Oui, il y a un petit marché sur l’île, avec un maraîcher bio, mais seulement l’été – à peine 2 mois.
    L’île est gouvernée par ceux qui ont l’argent, pas par ceux qui y travaillent et y vivent. Et comme la vie est de plus en plus chère avec des salaires de plus en plus dérisoires ; que le passage du bateau a un coût (traverser avec son vélo, même pour aller travailler est payant) et des contraintes horaires pas toujours faciles à gérer ; de moins en moins de personnes pourront s’y installer ; je ne vous parle pas du prix des terrains et des maisons, trop indécent dans un monde où tant de personnes sont en difficulté de logement.

    L’île est à l’image d’une société qui a accepté que le capitalisme soit toujours vainqueur malgré la corruption qui règne dans ses rangs.
    Ces maraîchers avaient l’intention de travailler en respectant le littoral et la nature de l’île ; ceux qui vivent sur l’île à l’année avaient besoin de légumes, miel, plantes médicinales – à un coût raisonnable – Revendiquer une vue dans une demeure ouverte 1 à 2 fois par an est un luxe qui doit passer après le choix de vie des locaux.
    La terre est ouverte à tous et n’appartient à personne. Car s’il y a bien quelque chose de merveilleux ici, qui change perpétuellement de couleurs, réceptif et sans jugement face à nos humeurs et nos emportements, c’est ce joli caillou de terre au milieu de la petite mer ; il nous offre chaque jour une nouvelle lumière et nous accueille tous sans regard sur notre statut professionnel, le contenu de notre portefeuille, la couleur de notre peau…
    Nous devrions prendre exemple sur la générosité de son accueil.

    L’article de Reporterre : https://reporterre.net/Des-maraichers-bannis-de-l-ile-d-Arz-par-des-residents-secondaires