Catégorie : Almanach – Au fil des jours et des saisons

Les évènements de l’année, à différentes époques, les suites de jours, les phénomènes météorologiques et naturels, des recettes, des dictons, des conseils, les travaux du mois : au jardin, à la maison, à la table de l’autrice et de l’illustrateur… L’inépuisable marmite des jours tricotés, filés et cousus aux saisons.
Ca évoque un vieil almanach, qui se lisait parfois tout haut à la veillée, entre les contes, les légendes, les potins de la gazette.

  • Nuit de Noël

    Nuit de Noël

    J’aime Noël, les lumières qui clignotent autour du sapin, les boules rouges et vertes, l’odeur du pain d’épice, la douceur de la bûche au fond du palais, les enfants qui s’amusent tard et rient en ouvrant leurs cadeaux, la chaleur de se retrouver tous ensemble après de longs mois d’absence parfois. J’aime les petits santons dans les crèches, la ville illuminée et resplendissante sous la neige (quand on a la chance d’en avoir). L’hiver dans ce qu’il a de plus magique, de plus majestueux.
    Pourtant je me rends compte que ce n’est pas vraiment cela le message de cette nuit et que l’on passe à côté de quelque chose de plus profond qu’on a oublié dans le brillant et l’opulence. Chaque année j’ai envie de relire les contes d’Andersen : « Le sapin » et « La petite marchande d’allumettes » ; les Contes de Dickens : « Un chant de Noël ». J’ai envie que le monde se réveille et efface toutes les souffrances et les inégalités, comme par magie, puisqu’on peut tout demander au père Noël. Pourtant, le jour qui  paraît le lendemain, entre les brindilles du sapin qui commence à déchanter, n’a pas changé le déséquilibre du monde, il n’a pas ôté son vacarme et son indifférence. Le prince de l’amour ne s’intéresse-t-il plus à nous ?


    […] Etre né sur la paille, avoir échappé à Hérode et finir sur une croix, tout ça pour que le 24 décembre, les foules hystériques se battent devant les vitrines, obsédées par cette question : faudra-t-il ouvrir les magasins le dimanche au cas où l’on n’aurait pas le temps de remplir les hottes de Noël,  ras-la-gueule […]


    […] Avoir fait de l’anniversaire de la naissance de l’homme qui nous a enjoint de nous débarrasser de nos biens et de partir sur les routes à la recherche de l’amour, une fête où l’on s’ensevelit les uns les autres sous un tombereau de cadeaux dans la chaleur du foyer familial, c’est l’un des plus habiles détournements de message de l’histoire de l’Occident. […]

    « Géographie de l’instant »Sylvain Tesson

    N’oubliez pas « La petite fille aux allumettes » de H. Ch. Andersen

    Il fait froid
  • Laïcité

    « La République assure la liberté de conscience »

    Il y a 100 ans, la République adoptait une loi qui marquait le couronnement du processus de laïcisation qu’elle avait commencé vingt-cinq ans plus tôt. C’est cette loi de séparation des Églises et de l’État qui a permis, par les libertés fondamentales qu’elle a affirmées, un « vivre ensemble » plus harmonieux.

    Que reste-t-il de la loi de 1905 ?

    La laïcité désigne la séparation des pouvoirs entre l’État et les religions. Elle est affirmée en France par la loi de 1905 qui reconnaît et protège la liberté de culte mais limite l’intrusion de la religion dans les affaires publiques. L’État ne doit, normalement, subventionner aucun culte. La laïcité est à l’œuvre de diverses manières dans toutes les démocraties.

    Sommes-nous toujours un pays laïque ?
    Méthodiquement, le législateur a détricoté la loi de séparation des églises et de l’État, suivi par le Conseil d’État. Aujourd’hui, il est permis de considérer, en dehors de toute haine et de tout racisme, que la séparation des églises et de l’État se trouve extrêmement réduite avec tous les risques que cela comporte à une époque de montée des périls religieux.

    Laïcité

    Le principe de séparation fonde, à la fois, la citoyenneté et le Pacte républicain.

     «Si un groupe de gens est prêt à vous tuer parce que vous avez dit quelque chose, il est alors presque certain que ce quelque chose doit être dit, parce que sinon, les personnes violentes ont un droit de veto sur la civilisation démocratique, et si elles gagnent ce droit, il n’y a plus de civilisation démocratique.»
    R.D du NYT

    Hors d’un État laïque, respectueux du pluralisme et des convictions des citoyens, la liberté de conscience et les libertés de religions sont des libertés compromises, voire menacées.

  • Liberté

    Liberté

    Sur mes cahiers d’écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable sur la neige
    J’écris ton nom

    Sur toutes les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J’écris ton nom

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J’écris ton nom

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l’écho de mon enfance
    J’écris ton nom

    Sur les merveilles des nuits
    Sur le pain blanc des journées
    Sur les saisons fiancées
    J’écris ton nom

    Sur tous mes chiffons d’azur
    Sur l’étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J’écris ton nom

    Sur les champs sur l’horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J’écris ton nom

    Sur chaque bouffée d’aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J’écris ton nom

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l’orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J’écris ton nom

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J’écris ton nom

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J’écris ton nom

    Sur la lampe qui s’allume
    Sur la lampe qui s’éteint
    Sur mes maisons réunies
    J’écris ton nom

    Sur le fruit coupé en deux
    Du miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J’écris ton nom

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J’écris ton nom

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J’écris ton nom

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attentives
    Bien au-dessus du silence
    J’écris ton nom

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J’écris ton nom

    Sur l’absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans souvenir
    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer

    Liberté.

    (Poésie et vérité 1942 )

    Paul Eluard

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  • Paré ?  Prêt pour la traversée

    Paré ? Prêt pour la traversée

    Nous sommes « parés », mais nous continuons à courir aussi vite que nous le permettent les obstacles que forment devant nous les branches et les buissons.

    L’isolement est favorable à la pensée créatrice mais seulement par intervalle. Malheur au poéte ou au peintre qui par orgueil ou ombrageuse timidité cache sa muse loin du monde. L’homme qui reste trop longtemps solitaire est impuissant. Il faut aux artistes un centre de ralliement. Il faut pour transmettre et féconder une idée l’éclairage d’un entourage bienveillant et porteur. Isolé dans un monde peu réceptif au temps de la création, l’artiste peut trouver un soutien et une force en s’associant. C’est la raison de l’existence de ce site, des liens qu’il crée, des commentaires qu’il suscite, de ce partage qui lui permet d’exister…

    Meilleurs vœux à vous qui me lisez ou qui passez par hasard…

    Voeux