Catégorie : Hiver

  • Une autre année

    Une autre année

    Mes meilleurs vœux pour cette année 2016 !

    Rendre possible l’avènement d’un autre monde, plus juste, où chacun a sa place…

    De retour d’un joli périple dans la famille, ça fait du bien de larguer les amarres de temps en temps, j’ai retrouvé notre joli caillou au milieu de la mer tout  secoué par le vent des tempêtes. Vent, pluie, brouillard, arbres à terre, branches éparses, remparts de goémons remplis de saletés, embarcations échouées…
    Mais ce petit bout de terre posé au milieu du golfe tient bon face aux assauts répétés du vent et de la mer. On la comprend bien d’ailleurs cette mer, elle a besoin de faire un grand ménage de ses fonds envahis de déchets humains (il suffit de jeter un coup d’œil sur les rejets qu’elle dépose sur le rivage), à propos,  si quelqu’un a besoin de tongues, je pense qu’on va pouvoir en distribuer au début de l’été, il faudra cependant accepter des pointures et des styles différents, la mer ne reverse que ce qu’on veut bien lui donner…

    Je suis en ce début d’année dans le même état d’esprit qu’elle, je fais le ménage. J’ai besoin d’y voir clair et de faire place nette dans mes projets de publication.
    Moins de connexion plus de création, ma devise pour cette année.

    Voilà, j’avais envie de saluer ceux qui passent par ici de temps en temps pour leur souhaiter « tout le bonheur du monde ». Sur ce je retourne à mon cahier d’écritures — mais ce n’est pas sans plaisir, c’est un territoire sans frontières, où la réalité du monde s’efface, j’ouvre les portes de l’imagination et… Au revoir…

  • Il y a encore des veilleurs

    Il y a encore des veilleurs

    Elle témoigne sans mâcher ses mots

    En parlant de l’info elle dit :
    « C’est un méli mélo ou on dit tout et rien, sans aller au bout des choses. »
    Marceline Loridan-Ivens l’une des dernières survivantes d’Auschwitz encore en vie tente de témoigner pour faire bouger les choses. « Mais je le fais sans illusion« , précise-t-elle.
    « Est-ce que les Français seraient descendus dans la rue s’il n’y avait eu que des victimes juives début janvier ? »
    C’est vrai que les Français ne sont pas descendus dans la rue lors de la tuerie de l’école juive de Toulouse, en mars 2012.
    Mais il est vrai aussi que nous pourrions descendre en permanence dans la rue, y camper directement même, tant il y a à dire sur les souffrances, les inégalités, les injustices… Pourtant elle a raison, on pourrait se manifester plus souvent surtout avec les moyens de diffusion à notre disposition aujourd’hui. Si le peuple se soulevait avec puissance à chaque dérive, à chaque insulte, à chaque injustice, à l’image de cette vague humaine pendant les matchs de football, en la multipliant, peut-être que les choses iraient mieux.

    Pris dans nos vies, nos factures, notre boulot, les courses, les enfants, les fins de mois, on laisse faire, on a tendance à déléguer et à se dire que ça s’arrangera sans nous. Sauf que ça ne s’arrange pas. Alors, à l’exemple de cette femme courageuse de 86 ans, exprimons-nous tous chaque fois que quelque chose nous choque, nous bouleverse, nous met en colère, pour faire tomber tous ces empires infestés par la vermine et tenter d’offrir aux futurs générations un monde digne, construit sur des bases saines avec les valeurs que nous défendons si chèrement, liberté, égalité et fraternité.

    Merci de rester éveillée, Marceline Loridan-Ivens.

  • Autour de la table ronde

    Autour de la table ronde

    En 1855, le chef indien Seattle lançait en ces termes un avertissement aux colons blancs américains : « Lorsque l’odeur tenace des hommes imprégnera les coins les plus reculés de la forêt, ce sera le signe que la vie s’éteint et que l’époque de la survie commence. » Ces colons arrivaient d’un continent où les traditions originelles s’étaient perdues pour être remplacées par une religion qui disait aux hommes : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez là. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du Ciel et toute bête qui remue sur la terre. » (Gen. I. 28.)
    Et voilà que plus d’un siècle après l’avertissement proféré par le chef Seattle, ses mots viennent nous interpeller avec une force renouvelée. Oui, il nous faut nous battre pour protéger les forêts et la vie sauvage et il nous faut renouer avec nos racines spirituelles pour ne plus nous sentir coupés de la Création. La tradition spirituelle dont nous sommes issus et qui commence d’ailleurs à nous revenir en mémoire existait bien avant l’arrivée du christianisme, des religions de toutes sortes, cette tradition fut marquée par beaucoup d’influences diverses, parmi lesquelles celles des peuples saxons, scandinaves, grecs et romains, elle repose avant tout sur les croyances et les pratiques des Celtes et des druides.
    Lorsque la nature est détruite, quelque chose en nous disparaît. Lorsqu’une espèce animale s’éteint, quelque chose meurt en nous aussi. Lorsque nous détruisons l’environnement, c’est notre écologie interne qui est menacée. Quoi de plus frappant que la destruction des forêts vierges pour illustrer ce phénomène. Mille espèces nouvelles y disparaissent chaque année, sacrifiées à l’élevage du bétail, alors que la surconsommation de viande est l’une des causes directes, selon la recherche médicale, de l’augmentation du nombre des maladies cardio-vasculaires et des cancers.

    Retournons nous asseoir autour de la Table Ronde. Rassemblons-nous  autour du feu, dans les cercles de pierre et sous les bosquets d’arbres. Pour entrer en communion avec les esprits des animaux, des arbres, des pierres, des étoiles, avec nos ancêtres et les enfants qui vont venir.

     

  • Nuit de Noël

    Nuit de Noël

    J’aime Noël, les lumières qui clignotent autour du sapin, les boules rouges et vertes, l’odeur du pain d’épice, la douceur de la bûche au fond du palais, les enfants qui s’amusent tard et rient en ouvrant leurs cadeaux, la chaleur de se retrouver tous ensemble après de longs mois d’absence parfois. J’aime les petits santons dans les crèches, la ville illuminée et resplendissante sous la neige (quand on a la chance d’en avoir). L’hiver dans ce qu’il a de plus magique, de plus majestueux.
    Pourtant je me rends compte que ce n’est pas vraiment cela le message de cette nuit et que l’on passe à côté de quelque chose de plus profond qu’on a oublié dans le brillant et l’opulence. Chaque année j’ai envie de relire les contes d’Andersen : « Le sapin » et « La petite marchande d’allumettes » ; les Contes de Dickens : « Un chant de Noël ». J’ai envie que le monde se réveille et efface toutes les souffrances et les inégalités, comme par magie, puisqu’on peut tout demander au père Noël. Pourtant, le jour qui  paraît le lendemain, entre les brindilles du sapin qui commence à déchanter, n’a pas changé le déséquilibre du monde, il n’a pas ôté son vacarme et son indifférence. Le prince de l’amour ne s’intéresse-t-il plus à nous ?


    […] Etre né sur la paille, avoir échappé à Hérode et finir sur une croix, tout ça pour que le 24 décembre, les foules hystériques se battent devant les vitrines, obsédées par cette question : faudra-t-il ouvrir les magasins le dimanche au cas où l’on n’aurait pas le temps de remplir les hottes de Noël,  ras-la-gueule […]


    […] Avoir fait de l’anniversaire de la naissance de l’homme qui nous a enjoint de nous débarrasser de nos biens et de partir sur les routes à la recherche de l’amour, une fête où l’on s’ensevelit les uns les autres sous un tombereau de cadeaux dans la chaleur du foyer familial, c’est l’un des plus habiles détournements de message de l’histoire de l’Occident. […]

    « Géographie de l’instant »Sylvain Tesson

    N’oubliez pas « La petite fille aux allumettes » de H. Ch. Andersen

    Il fait froid
  • Laïcité

    « La République assure la liberté de conscience »

    Il y a 100 ans, la République adoptait une loi qui marquait le couronnement du processus de laïcisation qu’elle avait commencé vingt-cinq ans plus tôt. C’est cette loi de séparation des Églises et de l’État qui a permis, par les libertés fondamentales qu’elle a affirmées, un « vivre ensemble » plus harmonieux.

    Que reste-t-il de la loi de 1905 ?

    La laïcité désigne la séparation des pouvoirs entre l’État et les religions. Elle est affirmée en France par la loi de 1905 qui reconnaît et protège la liberté de culte mais limite l’intrusion de la religion dans les affaires publiques. L’État ne doit, normalement, subventionner aucun culte. La laïcité est à l’œuvre de diverses manières dans toutes les démocraties.

    Sommes-nous toujours un pays laïque ?
    Méthodiquement, le législateur a détricoté la loi de séparation des églises et de l’État, suivi par le Conseil d’État. Aujourd’hui, il est permis de considérer, en dehors de toute haine et de tout racisme, que la séparation des églises et de l’État se trouve extrêmement réduite avec tous les risques que cela comporte à une époque de montée des périls religieux.

    Laïcité

    Le principe de séparation fonde, à la fois, la citoyenneté et le Pacte républicain.

     «Si un groupe de gens est prêt à vous tuer parce que vous avez dit quelque chose, il est alors presque certain que ce quelque chose doit être dit, parce que sinon, les personnes violentes ont un droit de veto sur la civilisation démocratique, et si elles gagnent ce droit, il n’y a plus de civilisation démocratique.»
    R.D du NYT

    Hors d’un État laïque, respectueux du pluralisme et des convictions des citoyens, la liberté de conscience et les libertés de religions sont des libertés compromises, voire menacées.

  • Liberté

    Liberté

    Sur mes cahiers d’écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable sur la neige
    J’écris ton nom

    Sur toutes les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J’écris ton nom

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J’écris ton nom

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l’écho de mon enfance
    J’écris ton nom

    Sur les merveilles des nuits
    Sur le pain blanc des journées
    Sur les saisons fiancées
    J’écris ton nom

    Sur tous mes chiffons d’azur
    Sur l’étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J’écris ton nom

    Sur les champs sur l’horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J’écris ton nom

    Sur chaque bouffée d’aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J’écris ton nom

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l’orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J’écris ton nom

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J’écris ton nom

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J’écris ton nom

    Sur la lampe qui s’allume
    Sur la lampe qui s’éteint
    Sur mes maisons réunies
    J’écris ton nom

    Sur le fruit coupé en deux
    Du miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J’écris ton nom

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J’écris ton nom

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J’écris ton nom

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attentives
    Bien au-dessus du silence
    J’écris ton nom

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J’écris ton nom

    Sur l’absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans souvenir
    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer

    Liberté.

    (Poésie et vérité 1942 )

    Paul Eluard

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