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Prix des lectrices

Le boulevard périphérique

L’univers triste et sombre, parfois extrêmement pesant qui anime les pages m’a donné envie de fuir, j’ai refermé le livre.

Je suis une sorte d’intellectuel nerveux, au cerveau sans cesse en érection, au désir vite allumé, pris constamment entre des contradictions insolubles dont je me dis parfois, quand je l’ose qu’elles font ma richesse.
— Henry Bauchau

Le boulevard périphérique

  Je n’ai pas terminé non plus « Le Boulevard Périphérique » d’Henry Bauchau, bien que je sois allée un peu plus loin dans ma lecture (page 170) qu’avec le livre de Julie Otsuka. Mais l’univers triste et sombre, parfois extrêmement pesant qui anime les pages m’a donné envie de fuir, j’ai fermé le livre. Je ne suis cependant pas certaine qu’à un autre moment de ma vie je n’éprouve pas le désir d’aller jusqu’au bout, je ne sais pas, peut-être…

Aujourd’hui rien ne m’oblige à lire ces lignes, et c’est vrai qu’en ce moment je n’ai pas de goût pour ces mots qui emportent dans la tristesse, l’incompréhension et l’injustice de la vie. Il aurait fallu un petit trait de lumière, une petite pousse d’espoir au milieu de tous ces destins sombres, pour que je puisse continuer à tourner les pages. Je n’ai pas senti d’espérance, contrairement à ce que dit le résumé de l’éditeur.

Entre le trouble du narrateur pour Stéphane qui sera développé d’une manière ou d’une autre tout le long du livre, la guerre, la maladie de la belle-fille, la confrontation régulière avec les démons de Shadow le SS, il n’y a de place que pour des questionnements et des doutes qui tournent les uns autour des autres jusqu’à donner le vertige. Et même si l’ensemble est bien écrit, cette attirance pour le trouble et l’obscur, pour les contradictions insolubles, finit par peser lourd…
Je peux lire des livres dramatiques mais je n’arrive à aboutir ma lecture que s’ils sont porteurs d’espérance. Il faut qu’à un moment ou un autre, d’une manière ou d’une autre un éclat de lumière traverse quelques lignes, qu’on puisse sentir un peu de ce vent du large qui ouvre l’horizon. Disons que ce sont mes conditions, mes convictions, une envie de ne pas retrouver dans les livres ce goût de notre société pour le morbide et la déprime.

Finalement ce n’est pas si simple de faire partie d’un prix et d’avoir une liste imposée de livres à lire. Cependant il faut aussi reconnaître qu’on y croise des personnes passionnantes et passionnées et qu’on découvre également des livres et des auteurs qu’on aurait peut-être jamais croisés ou alors bien plus tard. Même si je n’ai pas le même enthousiasme pour chaque livre, la découverte de chacun, ne serait-ce que pour quelques pages, m’ouvre de nouvelles fenêtres sur la vie.

DélugeJe me suis souvenu récemment que j’avais déjà lu un livre de cet auteur et que je l’avais terminé avec difficulté. Il s’agit du « Déluge » : l’histoire d’un  peintre vieillissant, instable, fou et pyromane qui brûle et regarde se consumer ses propres dessins. Je n’arrive pas à entrer dans ce genre d’univers ou peut-être n’en ai-je tout simplement pas envie.

Biographie de Henry Bauchau

h-bauchauHenry Bauchau est l’auteur d’une œuvre aussi riche que tardive. Ce n’est qu’à l’âge de 45 ans qu’il publie son premier livre. C’est en effet au lendemain de la guerre, que ce psychanalyste Belge, né à Malines, est venu à l’écriture.

Henry Bauchau, est psychanalyste, poète, dramaturge et romancier belge de langue française. Membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, il a vécu à Paris de 1975 à sa mort en 2012.

Il commence par étudier le droit à la faculté de Louvain. Mobilisé en 1939, il effectue la campagne des 18 jours en mai 1940, s’engage en 1943 dans l’Armée secrète et combat avec le maquis des Ardennes. Après la guerre, en Belgique, il fonde une maison de distribution et d’édition. Mais le plus important c’est qu’à la suite d’une dépression, de 1947 à 1950, Henry Bauchau suit auprès de Blanche Reverchon (épouse du poète Pierre Jean Jouve et une des premières traductrices de Freud en France) une analyse qui va l’apaiser et le transformer. Vie d’avocat, de directeur d’une école de jeunes filles, de professeur d’histoire de l’art, de psychanalyste, puis enfin de poète avec Géologie, son premier livre édité.

La carrière d’écrivain d’Henry Bauchau commence mais son public est très restreint. Il lui faudra attendre 1 990 et son livre Œdipe sur la route pour qu’un public plus large le découvre. Ariane Mnouchkine adapte sa pièce Gengis Khan. Aussi à l’aise dans le genre romanesque – La Déchirure, La Dogna, Le Régiment noir – que dans la poésie – L’Escalier bleu, La Pierre sans chagrin -, il est aussi l’auteur d’un Essai sur la vie de Mao. Il publie en 2007 Le Boulevard périphérique, prix du livre Inter 2008, puis L’enfant rieur (2 011) et Temps du rêve (2 012).

Il meurt le 21 septembre 2012 à Paris, à l’âge de 99 ans. Son dernier ouvrage est sur Blanche Reverchon et Pierre-Jean Jouve, Pierre et Blanche.

Si vous voulez en savoir plus sur cet auteur, vous pouvez regarder cette vidéo dans laquelle il parle de son oeuvre : http://www.sonuma.be/archive/henry-bauchau

3 réponses sur « Le boulevard périphérique »

Il va vraiment falloir que j’avance dans ces lectures mais pour le moment je n’ai pas trop envie. Je crois que les avis pas très enthousiastes me laissent prendre le temps 😀
Ton article est très intéressant 😉
Bises Marie 😀

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