Journée des droits des femmes

Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois parce que nous les avons faites sans elles.

Montaigne

Ces quelques passages extraits de mes lectures me semblent en accord avec la journée des droits des femmes. Ce partage de notes est ma modeste contribution. Je constate toutefois autour de moi de nombreux jeunes couples en harmonie, respectueux l’un de l’autre, où l’égalité semble plus présente… Mais restons vigilants.

S'abandonner à la lecture

Il ne s’est rien passé aussi longtemps qu’on ne l’a pas écrit.

Virginia Woolf


[…] leur présence dans le monde du travail étant elle-même la clé de toutes les autonomies possibles, dès lors qu’elles se sont (bien tardivement) vues accorder le droit de vote et qu’elles arracheront (encore plus tardivement) la maîtrise du calendrier de leurs maternités éventuelles.

Suzanne Gousse


La peur de paraître indécente et d’en devenir moins aimable, au sens littéral du terme, peut saborder dés le plus jeune âge la puissance créatrice.

1753 : « Dissimule tout savoir que tu maîtrises pour ne pas gêner les hommes qui se sont accaparés la gloire. »

Dernière lecture sur le sujet : « Comment torpiller l’écriture des femmes » par l’essayiste Joanna Russ.

Un livre traduit il y a peu par Cécile Hermellin, avec une préface de la critique Elisabeth Lebovici. À lire pour comprendre pourquoi il y a si peu de portraits de femmes autrices, artistes, dans nos livres scolaires.
Joanna Russ dévoilait dans les années 1980 les rouages du sexisme et de la silenciation des femmes en littérature.

Deux notes sympathiques d’écrivains dont nous avons étudié l’œuvre à l’école. J’ai retrouvé mes « Lagarde et Michard » et j’ai en effet remarqué le peu de place accordé aux autrices…

Une femme au bel esprit est le fléau de son mari, de ses enfants, de ses amis, de ses valets, de tout le monde… Elle commence toujours par se faire homme au dehors, elle est toujours ridicule et très justement critiquée. On sait toujours quel est l’artiste ou l’ami qui tient la plume ou le pinceau quand elle travaille.

J.J.Rousseau


Une femme ne doit jamais écrire que des œuvres posthumes, à publier après sa mort. Imprimer, pour une femme de moins de cinquante ans, c’est mettre son bonheur à la plus terrible des loteries, si elle a le bonheur d’avoir un amant, elle commencera par le perdre.

Stendhal

Vous pouvez écouter l’émission consacrée à ce livre sur France culture, dans la série du Book Club : Livres cultes


Quand la beauté de la femme est l’effet de sa liberté, elle cesse d’être un spectacle. Elle est une activité, un mouvement, un désir.


Le conformisme est de retour ; mais incarné par des femmes, il peut se révéler plus redoutable encore, notamment pour celles qui ont vingt ans aujourd’hui. C’est pourquoi la lecture du Deuxième Sexe me paraît plus nécessaire que jamais, non seulement pour retrouver un modèle de combativité et d’indépendance d’esprit, mais parce qu’à ce jour je ne connais pas une philosophie plus libératrice pour les femmes que celle qui préside à cet ouvrage.

Ne nous y trompons pas, c’est en grande partie grâce au retentissement du Deuxième Sexe que la contraception, l’avortement ou le concubinage ont été reconnus comme légitimes dans nos sociétés.


Asservissement

[…] la femme française est un trésor national, quasiment une marque déposée. Elle a pour noble mission de perpétuer l’image d’élégance associée au pays, ne serait-ce que pour servir le rayonnement international des deux géants français du luxe, Moët Hennessy Louis Vuitton (LVMH), le groupe de Bernard Arnault, et Pinault Printemps Redoute (PPR), celui de François Pinault (propriétaire notamment de Gucci et d’Yves Saint Laurent).

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Avec l’aide du discours des magazines féminins qui a viré à l’entreprise de décervelage pur et simple. Dans les magazines pour adolescentes, les seules femmes qui sont mises en vedette, ce sont les mannequins et les actrices. Forcément, leurs lectrices en déduisent que c’est cela, la réussite pour une femme. Une question : une actrice dont le physique ne correspond pas aux critères de ce milieu ou qui se désintéresse de la mode, qui n’assiste pas aux défilés, qui refuse d’ouvrir les portes de son dressing ou de décrire sa « routine beauté » a-t-elle encore une chance de percer ? Ce refus d’être en représentation permanente, d’être séduisante, « sexy » et « féminine » à toute heure du jour, est impardonnable.

Ce qui change aujourd’hui, c’est le peu de résistance que rencontre désormais cette pression ; c’est l’acceptation résignée ou enthousiaste, par les principales intéressées, de l’idée que l’essentiel de la valeur d’une femme dépend de son apparence.

Mona Chollet


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Hors réalité
C’est pourtant peu dire que Carrie, Charlotte, Miranda et Samantha, évoluant dans le microcosme de Manhattan et exerçant respectivement les professions de journaliste, galeriste, avocate et attachée de presse, ne sont pas représentatives. Elles sont l’arbre qui cache la forêt, la petite élite privilégiée dissimulant la masse de toutes celles pour qui, compte tenu de leur situation financière, l’indépendance conquise par leurs aînées reste lettre morte. Non seulement les femmes, dans leur grande majorité, pâtissent comme les hommes de l’accroissement des inégalités sociales – constaté en France dans la période récente, et de longue date aux États-Unis –, mais elles sont aussi plus touchées par la pauvreté et le travail précaire. En France, rappelons-le, elles gagnent en moyenne 27 % de moins que leurs collègues masculins.

Ce qui est rejeté, c’est la figure maternelle, perçue comme à la fois trop puissante – quand il s’agit de sa propre mère – et trop faible, trop vulnérable – quand il s’agit des mères en général et de leur statut social, puisqu’elles sont autant méprisées qu’hypocritement glorifiées. Une jeune fille dit ainsi vouloir rester une enfant, « comme Peter Pan » ; c’est-à-dire être un garçon.

Elle veut donner satisfaction, elle veut s’adapter, ne pas faire de vagues, elle veut convenir.


L’idéal de beauté actuel pour les femmes, dit Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire, c’est, paradoxalement, « un garçon avec des seins » : une liane aux hanches étroites, aux fesses fermes et rebondies mais peu opulentes (les seins, en effet, sont tolérés et même appréciés, à condition qu’ils soient ronds et fermes). J’ai connu une fille qui a développé des hanches et des seins à la sortie de l’adolescence. Son agence lui a dit de “faire attention” car elle était “en train de devenir une femme”. Comme si devenir une femme était quelque chose à éviter !
Si les femmes se laissaient moins facilement persuader de leur indignité physique, le marché de la chirurgie esthétique, aujourd’hui en croissance exponentielle s’effondrerait, et les médecins retourneraient soigner.


Jane Austen, une moderne au XIXe Siècle
La focalisation sur la femme est encore très rare à l’époque : les artistes et les écrivains n’accordent en général qu’une place restreinte à la gent féminine, celle-ci étant considérée comme inférieure. Les romans de Jane Austen, structurés autour d’une héroïne et s’intéressant de près à sa vie et à ses sentiments, qui de plus sont écrits par une femme qui n’hésite pas à donner son point de vue sur la condition féminine, font donc figure d’exception dans le paysage littéraire du début du XIXe siècle.

Voir mon article : Un 8 Mars

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