En 1855, le chef indien Seattle lançait en ces termes un avertissement aux colons blancs américains : « Lorsque l’odeur tenace des hommes imprégnera les coins les plus reculés de la forêt, ce sera le signe que la vie s’éteint et que l’époque de la survie commence. » Ces colons arrivaient d’un continent où les traditions originelles s’étaient perdues pour être remplacées par une religion qui disait aux hommes : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez là. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du Ciel et toute bête qui remue sur la terre. » (Gen. I. 28.)
Et voilà que plus d’un siècle après l’avertissement proféré par le chef Seattle, ses mots viennent nous interpeller avec une force renouvelée. Oui, il nous faut nous battre pour protéger les forêts et la vie sauvage et il nous faut renouer avec nos racines spirituelles pour ne plus nous sentir coupés de la Création. La tradition spirituelle dont nous sommes issus et qui commence d’ailleurs à nous revenir en mémoire existait bien avant l’arrivée du christianisme, des religions de toutes sortes, cette tradition fut marquée par beaucoup d’influences diverses, parmi lesquelles celles des peuples saxons, scandinaves, grecs et romains, elle repose avant tout sur les croyances et les pratiques des Celtes et des druides.
Lorsque la nature est détruite, quelque chose en nous disparaît. Lorsqu’une espèce animale s’éteint, quelque chose meurt en nous aussi. Lorsque nous détruisons l’environnement, c’est notre écologie interne qui est menacée. Quoi de plus frappant que la destruction des forêts vierges pour illustrer ce phénomène. Mille espèces nouvelles y disparaissent chaque année, sacrifiées à l’élevage du bétail, alors que la surconsommation de viande est l’une des causes directes, selon la recherche médicale, de l’augmentation du nombre des maladies cardio-vasculaires et des cancers.
Retournons nous asseoir autour de la Table Ronde. Rassemblons-nous autour du feu, dans les cercles de pierre et sous les bosquets d’arbres. Pour entrer en communion avec les esprits des animaux, des arbres, des pierres, des étoiles, avec nos ancêtres et les enfants qui vont venir.
