Quand le printemps venait, même le faux printemps, il ne se posait qu’un seul problème, celui d’être aussi heureux que possible. Rien ne pouvait gâter une journée, sauf les gens, et si vous pouviez vous arranger pour ne pas avoir de rendez-vous, la journée n’avait pas de frontière. C’étaient toujours les gens qui mettaient des bornes au bonheur, sauf ceux, très rares, qui étaient aussi bienfaisants que le printemps lui-même.
Une citation soulignée l’an passé qui m’inspire plus que je ne saurais l’exprimer avec cette canicule qui dure depuis début avril.
Être sous la pluie, comme cela doit être divin, la bruine, légère et parfumée, être à Fowey, maintenant, avoir froid, frissonner, se pelotonner dans un épais manteau, marcher dans l’herbe verte et mouillée, respirer l’air pur, caresser l’écorce rugueuse d’un arbre, les pétales veloutés constellés de rosée, contempler la mer qui se déchaîne contre les falaises. Se promener devant Menabilly, poser ses mains sur les murs gris du manoir, ressentir ce frisson de plaisir intense.
Daphné Du Maurier se met à rêver de vivre au bord de l’eau, comme si la devise de Trébeurden, Ar Mor Eo Ma Plijadur (la mer est mon plaisir), avait été écrite rien que pour elle.
— Extrait de la biographie écrite par Tatiana de Rosnay « Manderley for ever » que j’ai adoré lire.
Le Bleu ! c’est la vie du firmament, le domaine De Cynthia — le vaste palais du soleil […] Le Bleu ! c’est la vie des eaux — l’Océan […] Lorsque dans un Œil, par la volonté du Destin, tu es vivant !