Ce 23 septembre marque officiellement l’automne. Les jours raccourcissent comme ils l’ont toujours fait, les matinées sont plus fraîches, presque familières, du moins en Bretagne. On pourrait croire que l’automne revient, que la saison reprend sa place dans le calendrier… Mais il suffit d’un pas dehors pour comprendre que quelque chose ne va pas.
La chaleur persiste, lourde, tenace. L’été s’étire, s’impose, refuse de céder la place.
Hier encore, près de 30°, la lumière frappe les murs — blanche, agressive — elle nous oblige à fermer les volets dès midi. Les moustiques sont toujours là, plus vivaces que cet été, infatigables, comme si septembre n’avait plus de sens pour eux.

Je me souviens d’un autre automne.
Celui où les couleurs arrivaient sans effort, où la pluie ouvrait la saison, où les odeurs de terre humide montaient du sol comme une promesse. Aujourd’hui, je traverse une saison déformée, une saison qui ressemble à un été épuisé.
Les feuilles tombent, mais ce n’est pas l’automne qui les fait tomber, c’est la sécheresse, la fatigue, l’épuisement silencieux des arbres. Les couleurs restent pâles, la pluie n’arrive pas. Ce début d’automne est une autre saison, un paysage qui cherche son nom.





Comment écrire l’automne aujourd’hui ? Comment décrire une saison qui ne se ressemble plus ?
Ce qui était un repère est devenu une hésitation…
Il faut agir, bien sûr, pour éviter que le climat ne s’emballe davantage. Mais en même temps, il faut accepter que rien ne sera plus comme avant. Les quatre saisons que nous avons connues, si belles, si distinctes, ne reviendont pas. On ne peut pas remonter le temps…
J’essaie d’accepter ce changement, même s’il est inattendu, brutal, déroutant. J’avance dans l’écriture de mon prochain roman, celui que j’aimerais présenter à Noël. Quelle température aurons-nous en décembre ? Y aura-t-il encore de la neige à Noël ?
Dans mon nouveau livre je parle de l’automne…

Celui de mon enfance, mais aussi celui d’aujourd’hui, fragile, déformé, incertain… celui qui se cherche…
Nous vivons ce moment où l’on prend conscience que le monde que nous connaissions, celui qui rythmait nos vies, nos imaginaires, nos livres, est en train de se transformer sous nos yeux.
Nous devons continuer à créer, à écrire, à espérer… alors même que les repères glissent…

Peut-être qu’il faut apprendre à écrire l’automne autrement. Inventer une nouvelle saison, à la fois blessée et tenace.
Écouter ce que la nature dit, même quand elle parle un langage inconnu.
Les saisons ne sont plus des évidences, nous vivons un bouleversement intime autant que climatique.
Peut-être que c’est maintenant que commence la littérature des temps nouveaux.
















