À mon arrivée au Petit Théâtre d’Auray, ce samedi 12 septembre, à l’occasion du Salon du livre d’artiste « Des couleurs à la page« , j’ai eu l’impression d’entrer dans un lieu familier.
Les théâtres ont longtemps été des maisons pour moi, des lieux où l’on respire autrement, où les murs gardent les voix.

Et ce Petit Théâtre, avec sa façade de pierre, son balcon ouvragé et ses arches, semblait m’accueillir comme une ancienne élève revenue saluer un maître.
À l’intérieur, le théâtre à l’italienne déployait son décor : rideaux rouges, moulures, hauteur de scène… Je me suis surprise à imaginer Louison — la protagoniste de mon roman : « Les souvenirs oubliés sont-ils perdus à jamais » — marchant sur l’estrade, ouvrant la porte d’une loge.
La « loge des fées » aurait trouvé sa place sans effort dans ce théâtre. Il y avait cette même promesse de confidences et de rituels.

Les organisateurs nous attendaient avec du café chaud et des madeleines — un accueil comme on en voit peu, simple et généreux.
Les artistes arrivaient, posaient leurs cadres, leurs livres, leurs couleurs. Le théâtre se remplissait peu à peu, comme une scène qui prend vie avant la représentation.
J’ai retrouvé ce moment que j’aimais tant : l’avant-scène, l’installation, les gestes qui préparent la représentation. Même si nous n’étions pas des comédiens, il y avait dans l’air cette tension douce, ce frémissement avant l’ouverture du rideau.

Puis le public est arrivé. Une marée curieuse, attentive, intéressée. Des visiteurs qui prenaient le temps de découvrir les œuvres, de toucher les pages, de poser des questions, de revenir parfois pour un second regard ; un flux continu, bienveillant.
Le salon a trouvé sa respiration dans ce va‑et‑vient constant, entre scène, tables, et conversations.
Je me suis surprise à observer les visiteurs comme on observe une salle depuis les coulisses : avec cette petite vibration intérieure qui dit que quelque chose se passe.
À midi, nous avons échangé autour d’un apéro déjeunatoire ; sur nos pratiques, nos doutes, nos projets — un instant suspendu où l’on partage un verre, une anecdote, un éclat de rire.

Le théâtre, lui, veillait. Il enveloppait les conversations, il adoucissait les voix, il donnait à chaque œuvre un écrin presque sacré.
En fin de journée, quand la lumière a commencé à baisser, j’ai eu cette impression étrange d’avoir joué une pièce improvisée, une pièce faite de rencontres, de couleurs, de pages.
Merci aux artistes et aux visiteurs.
Un immense merci aux organisateurs pour leur accueil remarquable et leur volonté de mettre en lumière chaque exposant.






Une édition qui restera dans les mémoires : élégante et généreuse.
En quittant la place de la Pompe, j’ai eu l’impression d’avoir vécu un Salon qui ne se contente pas d’exposer, mais qui relie.





