Avant la sortie du tome II de mon roman « Louison »
L’été, le soleil et les touristes sont arrivés. La plage s’est remplie de parasols et les petits bateaux voguent sur l’eau. Avant la sortie de mon tome II, je vous propose une virée entre les lignes…
Le tome II du roman : « Les souvenirs oubliés sont-ils perdus à jamais » dont le premier tome « Louison » a captivé les cœurs, s’apprête à embraser l’été.
L’été s’invite dans les pages de mon tome II, où Louison et ses enfants voguent au rythme des flots du lac d’Annecy. Sur mon île bretonne, le contraste est saisissant : la pluie et le vent dictent le tempo de mes journées. C’est dans cette atmosphère que je tisse les fils de mon récit, laissant les pièces du puzzle s’assembler parfois d’elles-mêmes. Un voyage captivant, une exploration qui dévoile de nouveaux angles de l’histoire.
Après un premier tome plein de vie au cœur de l’effervescence nantaise, l’héroïne, artiste peintre et mère de trois enfants, se retrouve à un tournant de son existence. Séparée de son compagnon et confrontée à un revers professionnel, elle n’a d’autre choix que de revenir dans la maison familiale, où les tensions avec ses parents, issus de la haute bourgeoisie, se font sentir.
Le voyage continu au bord du lac d’Annecy
Dans le premier tome, on a suivi une artiste touchée et fragilisée par une amnésie, des secrets de famille enfouis depuis longtemps et la puissance de l’amitié entre femmes. Ces éléments ont tissé une histoire riche et captivante, où chaque souvenir retrouvé et chaque vérité révélée nous a tenus en haleine.
Un retour aux racines plein de défis
La chaleur étouffante des non-dits familiaux
Louison doit naviguer dans les eaux troubles des relations familiales, tout en cherchant à se redéfinir en tant qu’artiste et mère.
Un cadre idyllique pour une histoire poignante
Le lac d’Annecy, avec sa tranquillité apparente, contraste avec la tourmente intérieure de l’héroïne. L’histoire explore la dynamique complexe entre l’indépendance d’une femme contemporaine et les attentes traditionnelles d’une famille aristocratique. Préparez-vous à être emporté dans un tourbillon d’émotions et de révélations. Des personnages authentiques et des intrigues qui résonnent avec la vie d’aujourd’hui.
La crise d’amnésie pourrait-elle resurgir ou révéler de nouveaux secrets ?
Comment les amitiés féminines soutiennent-elles l’héroïne dans son retour à la demeure familiale ?
La sœur de Louison est-elle vraiment ce qu’elle laisse paraître ?
Et ces personnages inattendus, surprenants et nouveaux, mais liés à Louison par le passé, vont-ils réveiller ses souvenirs oubliés ?
Je vous invite à plonger dans le tome I, si vous ne l’avez pas encore lu, à sentir le souffle du vent breton qui porte les échos de cette aventure littéraire. Il est disponible en format papier et numérique.
Il y a des genres et des degrés de solitude. Une île au milieu d’un lac, c’est un genre de solitude ; mais les lacs ont des bateaux, et on peut toujours espérer une visite.…
Il y a des genres et des degrés de solitude. Une île au milieu d’un lac, c’est un genre de solitude ; mais les lacs ont des bateaux, et on peut toujours espérer une visite.
Aldo Leopold
En ce moment, ma plume est en Haute-Savoie, sur la rive est du lac d’Annecy, où Louison, l’héroïne de mon roman « Les souvenirs oubliés sont-ils perdus à jamais », a retrouvé sa famille. C’est l’été, elle vient de tout quitter et de faire 800 km sous une chaleur torride. Elle s’installe dans un chalet prêté par ses parents, les enfants randonnent et se baignent, surveillés par les hautes montagnes sentinelles.
Luxe, calme et volupté… sur la riviera alpine… Une scène qui ressemble à une belle carte postale. Mais, comme vous le savez, il ne faut pas se fier aux apparences.
Talloires
Retrouvera-t-elle les souvenirs de ses années d’adolescence ? Percera-t-elle le mystère de l’été de ses 17 ans ? Vous le découvrirez dans le Tome II, qui attend la chaleur douce de l’été pour mettre le nez dehors.
Il y a un contraste de température avec les -3° que nous avons connus en janvier, l’un des privilèges de la création étant de pouvoir changer de vie et de décor…
Lac d’Annecy
Pour terminer ce tome II, je passe l’hiver à l’écart du monde, sous la présence tutélaire de la nature. En étroite connivence avec l’île où je vis, ce bout de terre cerné par les eaux – peuplé d’arbres, de rochers, de lagunes, de longues plages de sable et d’algues, balayé par les vents et la pluie, et visité par les bernaches venues de Sibérie – j’observe le passage de la saison.
Complètement isolée ? Écrire un roman, c’est rester au cœur de la vie, avec intensité, voguer sur un fleuve parallèle au courant quotidien, une navigation qui offre une autre perspective. Un roman englobe tout ce qui existe, mais ne se limite pas à la réalité ; il cherche à révéler l’essence de l’existence, insaisissable dans le rythme ordinaire. Il est intemporel.
Hiverner ou hiberner
Immobilité pendant quelques mois.
L’ours n’hiberne pas, il hiverne. Son sommeil léger peut être entrecoupé d’éveils.
Hiverner s’emploie à propos d’animaux qui passent l’hiver dans un lieu plus tempéré, à l’abri des intempéries, leur métabolisme est profondément ralenti, mais pas léthargique.
La marmotte, le hérisson, la chauve-souris, la grenouille, la tortue peinte, l’engoulevent de Nuttall, le lémurien, le loir, etc., hibernent.
Hiberner s’emploie à propos de certains animaux pour signifier qu’ils passent l’hiver dans un état d’engourdissement ou de profonde léthargie.
Si j’ai bien saisi la différence entre hiberner et hiverner, je dirais que j’hiverne, à ma manière. De longues heures d’écriture ponctuées de balades sur les sentiers côtiers en compagnie de mon Ki (chien). Mes alter ego fictifs ne me laissent pas dormir plus qu’il ne faut : ils sont pleins d’énergie, passionnés, imprévisibles ; des scènes inattendues surgissent et m’emmènent parfois tard dans la nuit. Je reste à l’écoute, entre maîtrise et abandon.
Les jeux favoris de la nature : la recette de la créativité. La nécessité seule n’engendre que de la monotonie, le hasard seul n’engendre que du fouillis. La nature joue sur les deux tableaux. Elle associe le hasard et la nécessité pour fabriquer des œuvres toujours plus structurées.
Hubert Reeves
J’aime ces instants de création et d’invention, m’approcher d’autres vies, tenter de comprendre ces « autres » qui m’entourent. C’est un vrai plaisir de vivre, pendant plusieurs mois, la vie de quelqu’un d’autre. Essayer de traduire son intériorité, capter un frémissement invisible, regarder plus loin.
Henri Lebasque
Des personnages apparaissent en filigrane dans le destin de Louison. Lorsqu’ils s’incarnent, lorsque je les croise, les suites deviennent inépuisables. D’autres figures autour d’eux peuvent à leur tour devenir des protagonistes. Aurais-je assez d’une vie pour tous les raconter ?
Écrire n’est pas un acte paisible, cela demande une énergie immense, c’est parfois une lutte avec soi-même. C’est une façon de tenter de comprendre la vie, la mort, notre raison d’être et le sens que l’on peut donner à l’existence. Presque tout ce que j’ai appris sur les hommes et le monde, je l’ai découvert à travers les grands romans.
Écrire un roman, c’est une aventure — c’est une hypothèque consentie pour des mois, pour des années quelquefois — sur votre tranquillité, sur votre insouciance : on a toujours l’esprit plus ou moins occupé.
Écrire m’aide à vivre, à réenchanter le monde. Ce n’est pas un refuge ni une échappatoire, mais la possibilité de trouver quelque chose qui fasse sens face aux troubles, aux égarements de notre époque. Les artistes que j’aime et qui m’aident à surmonter les problèmes de l’existence sont ceux qui transforment l’ombre en lumière. La beauté et la poésie sont des résistances possibles.
R.Wouters
Au milieu de la maison, dans la lumière de la fenêtre, assise à mon bureau ou plutôt accrochée à ma table comme l’huître à son rocher, entourée de livres, de papiers, de chapitres, d’images et de stylos, j’explore de nouveaux territoires narratifs, l’écriture de ce roman en diptyque m’apprend beaucoup.
Tandem stylo-carnet
Début janvier, mon ordinateur a – lui aussi – décidé d’hiberner, mais pour longtemps, la carte-mère a lâché. Avant de me précipiter sur une nouvelle machine, j’en profite pour reprendre l’écriture à la plume, au stylo-plume précisément. C’est plaisant et inspirant.
Courbes, arabesques, espaces libres, ma plume glisse avec douceur sur le papier. J’assiste à la naissance de phrases qui échappent à ma volonté. Des mots s’inscrivent malgré moi sur la feuille. Ces lignes deviennent paragraphes, certains m’apprennent ce que je ne savais pas, la plume me guide.
Je suis ravie de ce contact avec le papier, j’aime l’odeur de l’encre fraîche, je remarque que l’utilisation du stylo plume améliore ma concentration et ma créativité, il m’offre une sensation plus personnelle et intime de mon travail. Et, ce qui n’est pas négligeable, avec cet outil, j’ai une meilleure posture.
L’écriture est un dessin, souvent un portrait, presque toujours une révélation.
Colette
R.Wouters
Quand j’arrive au bout d’un long cheminement, j’emprunte l’ordinateur de mon compagnon, pour réviser, épurer, corriger. Comme instrument de création, le stylo plume est parfait, mais comme instrument de correction, la machine est très utile.
J’aime bien l’idée de la littérature comme un océan, dans lequel chaque livre, qu’il soit publié ou qu’il reste inédit, est pareil à une bouteille à la mer, lancée au hasard des vents et des courants, et qui porte parfois son message à l’autre bout du monde ou à l’autre bout du temps.
Lorsque j’étais enfant et que mon regard se perdait dans le lointain j’imaginais ma vie plus tard, assise là-haut tout près de l’horizon. À cet instant je pensais que ce haut point du ciel serait à ma portée avec quelques années de plus, je pensais que la grande personne que j’allais devenir atteindrait rapidement ce zénith si lumineux, si attirant. Comme je me trompais…
Ça fait plaisir d’écrire de nouveaux articles, c’est comme si on continuait une conversation. J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, le soleil d’été s’est beaucoup plu en notre compagnie cette année et c’est un compagnon chaleureux. Après les torrides températures de ces dernières semaines on regarde avec plaisir les premières couleurs de l’automne… L’air redevient respirable et la nature si sèche étanche un peu sa soif. D’ici j’entends la mer, la grande marée vient clapoter contre le muret de pierre ; le vent danse à nouveau dans le feuillage rafraîchi par quelques ondées, comme presque toutes les filles d’Arvor, ce climat maritime me convient plutôt bien.
La rentrée de septembre, les feuilles des arbres se teintent d’or et de pourpre, le sentier commence à ressembler à ce chemin que je foulais chaque soir en compagnie de mes amis au retour du collège, nous riions à gorge déployée en nous moquant gentiment de nos nouveaux professeurs avec une envie de traîner le plus longtemps possible ensemble, une halte magique…
Cette saison me donne toujours envie d’acheter des crayons de couleur et de nouveaux carnets.
Je ne vais plus au collège depuis longtemps mais il y a toujours des papiers et des crayons épars sur mon bureau et puis surtout il y a ce nouvel occupant qui trône au milieu, ce cher ordinateur sans qui je ne pourrais pas partager mes articles.
21 Septembre, je suis toujours sur l’écriture de mon premier roman…
J’ai encore un peu de travail avant de le terminer tout à fait, la troisième partie n’est pas encore achevée. Lorsque je m’essouffle, j’ouvre un des livres posé à côté de moi ; je suis tombée sur ce passage de Julien Gracq que j’avais noté dans le coin de la page. Il répond merveilleusement à certaines de mes interrogations. Comment le dire autrement… Belle saison à vous qui passez…
« Adorable fantôme qui m’a séduit, lève ton voile ! » supplie le faiseur de romans – mais la muette apparition lui met en mains un porte-plume.
Le roman ne vit que par le genre de liberté que lui donne le langage, utilisé selon ses vrais pouvoirs, mais il n’est tiré du néant que par la contrainte qu’impose de bout en bout au romancier une image exigeante, une obsession non entièrement littéraire dans sa nature.
Je pense – et j’ai écrit – que tout livre pousse (en bonne partie) sur d’autres livres. Le besoin chimérique, qui démange beaucoup de « créateurs » de ne se sentir redevables en rien à la littérature qui les a précédés, ne m’obsède en aucune façon. Le monde et la bibliothèque font partie à titre égal des éléments auxquels je me réfère, quand j’écris, et je ne ferai jamais preuve d’aucune fausse honte à ce sujet. Fictions et réflexions de lecture se sont d’ailleurs dès le début toujours enlacées plus ou moins étroitement dans la série de mes livres. Mais cela n’est possible qu’à condition de laisser de côté la « science de la littérature » et de ne lire qu’en fonction de ce qui, pour vous, dans les livres, vit réellement. Je ne m’occupe que de mes préférences. La littérature n’est pas ingrate envers qui entretient ce commerce chaleureux avec elle.
Ils peignent des panoramas ; l’art est de faire un tableau. Étudier d’abord le point d’où doit affluer la lumière ; toutes les ombres en dépendent. Chaque figure repose et s’appuie sur son ombre.
André Gide
Que fais-tu en ce moment ?
J’écris une histoire qui me fait voyager, qui me fait rêver… Une histoire qui me fait bondir hors de moi aussi et trépigner…
Une histoire qui met en branle ma vie intérieure… Elle fait monter l’adrénaline, ouvre des portes qui jusque-là m’étaient invisibles, elle m’emporte au pays des rêves, de l’amour, du savoir… Je préfère m’isoler un peu – une solitude librement consentie – en ce moment c’est un véritable champ de bataille dans ma tête et si ce n’était que dans ma tête… En effet, je ne viens pas souvent par ici. Je reste de nombreux jours, parfois des semaines sans écrire rien d’autre que ce qui concerne cette histoire ; je ne cesse de penser à ce roman, je le malaxe, je le pétris. Tout ce que je vois, tout ce que j’apprends, tout ce que je lis d’intéressant, tout ce qui m’advient, je voudrais le faire entrer dans le manuscrit ou du moins m’en servir pour l’enrichir.
Je relis certains passages et je me rends compte que j’ai fait fausse route, alors je repars en amont.
J’inscris sur des fiches ce qui peut servir à mes personnages : fragments de dialogues, citations, extraits de lecture, illumination soudaine, réplique entendue dans une conversation, découpages de photos, d’articles. Tout ce qui peut m’aider à les dessiner, à les capter au plus près… Je suis dans le cercle magique, dans une bulle, un refuge, parfois un labyrinthe. J’observe, j’écoute…
J’essaie d’écouter avec l’oreille de l’âme, n’est-ce-pas la mission des histoires ? Lorsque je remonte à la surface, mes questionnements s’affinent et ne laissent plus de place à la rêverie, je dois prendre des décisions fermes.
Je n’écris pas vraiment des romans au sens classique du terme, plutôt des choses un peu bancales, des sortes de rêveries qui relèvent de l’imaginaire.
Patrick Modiano
Faire le dernier km, le plus difficile, ne pas se laisser impressionner par les intempéries.
Que m’est-il arrivé ?
Je l’ai dit trop tôt, « j’ai presque terminé ! », je l’ai redit… Puis les jours, les semaines, les mois ont passé. J’ai été trop sûre de moi, pas assez attentive aux affres de la création. Par moments je vais jusqu’à me persuader que ce livre est ridicule, sans intérêt. Pourtant, « Si ce n’est toi, qui le feras ? »
Je cherche la question, les bonnes questions, je sais qu’elles sont les clefs qui ouvrent les bonnes portes pour continuer… « Sésame, ouvre-toi »
Il faut connaître les bonnes formules magiques pour ne pas rester accablé par la charge de travail qui paraît certains jours « infinie ». Quelques « abracadabra » bien prononcés me permettent de poursuivre mon objectif, d’échapper à la fatigue et au découragement. Comment ça marche ? Il y a cette petite voix sournoise qui me dit : « Tu ne termines jamais ce que tu entreprends », avant qu’elle ne s’insinue trop profondément et me mine pour la journée, je dis la formule magique : « Je termine pas mal de choses » et je sors ma longue liste retentissante de projets aboutis. Je suis devenue une farouche résistante face aux assauts des tourmenteurs et des pompeurs d’énergie.
J’aboutis un cycle entrecoupé qui dure depuis presque deux ans. Mais pour être en ce moment dans le cercle magique, je me dis que cela en valait la peine – j’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup pâti. Et ce n’est pas fini…
Seuls ceux qui se risqueront à peut-être aller trop loin sauront jusqu’où il est possible d’aller.