Catégorie : Almanach – Au fil des jours et des saisons
Les évènements de l’année, à différentes époques, les suites de jours, les phénomènes météorologiques et naturels, des recettes, des dictons, des conseils, les travaux du mois : au jardin, à la maison, à la table de l’autrice et de l’illustrateur… L’inépuisable marmite des jours tricotés, filés et cousus aux saisons.
Ça évoque un vieil almanach, qui se lisait parfois tout haut à la veillée, entre les contes, les légendes, les potins de la gazette.
Chargées d’enfants dorés, de femmes bronze, de colis bossus, les automobiles de septembre semblaient précipiter vers Paris l’offrande ininterrompue de denrées vermeilles, tant la joue était pareille au fruit, et les lèvres rivales des baies les plus rouges.
— Colette, Belles saisons II
Dans le parc…
Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude, Sous le ciel pâlissant comme de lassitude, Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents Bercer l’été qui meurt dans nos cœurs indolents. Nous marcherons parmi les muettes allées ; Et cet amer parfum qu’ont les herbes foulées, Et ce silence, et ce grand charme langoureux Que verse en nous l’automne exquis et douloureux Et qui sort des jardins, des bois, des eaux, des arbres Et des parterres nus où grelottent les marbres, Baignera doucement notre âme tout un jour, Comme un mouchoir ancien qui sent encor l’amour.
22 septembre – L’équinoxe d’automne, le jour et la nuit sont d’égales durées, c’est un temps de fête, la célébration de l’abondance des récoltes.
Si vous croyez au pouvoir des fées, après le coucher du soleil, quand les ombres s’allongent et que la lune est visible, allez cheminer nu-pieds sur l’herbe humide. Vous croiserez Margottine qui brandille et bondit, qui cueille fleurs violines et perles d’eau. Vous tournoierez avec Tom pouce en mangeant une noisette. Vous obtiendrez peut-être des Belles Dames encore éveillées, le don de partager le langage des oiseaux… Pour l’occasion une délicieuse recette de saison à partager. Bon appétit !
Moelleux aux pommes Pour 4 personnes
Trois pommes Deux figues 30 g de beurre + 1 noisette pour les moules Un sachet de sucre vanillé Un gros œuf (ou deux petits) 30 g de sucre en poudre Une cuillère à café d’extrait d’amande 40 g de crème liquide 35 g de poudre d’amande Une cuillère à soupe de fécule
Pour le coulis de fruits rouges : 100 g de mûres 100 g de framboises 40 g de sucre en poudre Un citron
1) Épluchez les pommes, coupez-les en quatre, ôtez le cœur et les pépins, puis détaillez-les en petits dés, ainsi que les figues. Faites fondre 15 g de beurre dans une poêle pour y faire revenir les dés de pomme et de figue pendant cinq minutes environ. Saupoudrez de sucre vanillé et poursuivez la cuisson pendant cinq minutes.
2) Préchauffez le four à 180°C (therm.6). Cassez l’œuf au-dessus d’une terrine et fouettez avec le sucre. Ajoutez le reste du beurre fondu, l’extrait d’amande, la crème, la poudre d’amande et la fécule, et mélangez pour obtenir une préparation homogène. Incorporez délicatement les dés de pomme et de figue poêlés.
3) Beurrez de petits cercles à pâtisserie ( sinon utilisez des petits moules) et déposez-les sur une plaque à pâtisserie. Versez la préparation et enfournez pour environ 20 minutes. Laissez tiédir avant d’ôter les cercles.
4) Préparez le coulis de fruits rouges : passez les mûres et les framboises au mixeur. Ajoutez le sucre et un filet de jus de citron, mélangez, puis passez la préparation au chinois. Servez les petits moelleux aux pommes dans chaque assiette et entourez d’un cordon de coulis. Miam !
Ça fait plaisir d’écrire de nouveaux articles, c’est comme si on continuait une conversation. J’espère que vous avez passé de bonnes vacances, le soleil d’été s’est beaucoup plu en notre compagnie cette année et c’est un compagnon chaleureux. Après les torrides températures de ces dernières semaines on regarde avec plaisir les premières couleurs de l’automne… L’air redevient respirable et la nature si sèche étanche un peu sa soif. D’ici j’entends la mer, la grande marée vient clapoter contre le muret de pierre ; le vent danse à nouveau dans le feuillage rafraîchi par quelques ondées, comme presque toutes les filles d’Arvor, ce climat maritime me convient plutôt bien.
La rentrée de septembre, les feuilles des arbres se teintent d’or et de pourpre, le sentier commence à ressembler à ce chemin que je foulais chaque soir en compagnie de mes amis au retour du collège, nous riions à gorge déployée en nous moquant gentiment de nos nouveaux professeurs avec une envie de traîner le plus longtemps possible ensemble, une halte magique…
Cette saison me donne toujours envie d’acheter des crayons de couleur et de nouveaux carnets.
Je ne vais plus au collège depuis longtemps mais il y a toujours des papiers et des crayons épars sur mon bureau et puis surtout il y a ce nouvel occupant qui trône au milieu, ce cher ordinateur sans qui je ne pourrais pas partager mes articles.
21 Septembre, je suis toujours sur l’écriture de mon premier roman…
J’ai encore un peu de travail avant de le terminer tout à fait, la troisième partie n’est pas encore achevée. Lorsque je m’essouffle, j’ouvre un des livres posé à côté de moi ; je suis tombée sur ce passage de Julien Gracq que j’avais noté dans le coin de la page. Il répond merveilleusement à certaines de mes interrogations. Comment le dire autrement… Belle saison à vous qui passez…
« Adorable fantôme qui m’a séduit, lève ton voile ! » supplie le faiseur de romans – mais la muette apparition lui met en mains un porte-plume.
Le roman ne vit que par le genre de liberté que lui donne le langage, utilisé selon ses vrais pouvoirs, mais il n’est tiré du néant que par la contrainte qu’impose de bout en bout au romancier une image exigeante, une obsession non entièrement littéraire dans sa nature.
Je pense – et j’ai écrit – que tout livre pousse (en bonne partie) sur d’autres livres. Le besoin chimérique, qui démange beaucoup de « créateurs » de ne se sentir redevables en rien à la littérature qui les a précédés, ne m’obsède en aucune façon. Le monde et la bibliothèque font partie à titre égal des éléments auxquels je me réfère, quand j’écris, et je ne ferai jamais preuve d’aucune fausse honte à ce sujet. Fictions et réflexions de lecture se sont d’ailleurs dès le début toujours enlacées plus ou moins étroitement dans la série de mes livres. Mais cela n’est possible qu’à condition de laisser de côté la « science de la littérature » et de ne lire qu’en fonction de ce qui, pour vous, dans les livres, vit réellement. Je ne m’occupe que de mes préférences. La littérature n’est pas ingrate envers qui entretient ce commerce chaleureux avec elle.
L’homme a trouvé à y satisfaire son goût du risque et des prouesses physiques, sa vanité et sa jactance, et surtout sa férocité innée.
Tu ne feras pas souffrir les animaux, ou du moins tu ne les feras souffrir que le moins possible, ils ont leurs droits et leur dignité comme toi-même.
est une admonition bien modeste ; dans l’actuel état des esprits, elle est, hélas, quasi subversive. Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, puisqu’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures si nous n’avions pas pris l’habitude de fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l’abattoir, moins de gibier humain descendu d’un coup de feu si le goût et l’habitude de tuer n’étaient l’apanage des chasseurs. Et dans l’humble mesure du possible, changeons – c’est-à-dire améliorons s’il se peut – la vie.
J‘ai un balai en rameau de genêt Balai magique qui nettoie, c’est pratique J’ai un crapaud, des verrues plein le dos Crapaud trouillard, quoiqu’assez baveux
J’ai un grimoire que je lis dans le noir Un chaudron bouillant pour faire des onguents… Hi, hi ,hi…
— Toc toc toc — Qui est là ? Les diablotins les sorcières Toc toc toc ouvrez-nous Toc toc toc donnez-nous Des pommes caramélisées Des noix des bonbons des sous…
Penser, c’est chercher des clairières dans une forêt. Jules Renard
Après avoir traversé une plaine brûlée de soleil je les rencontre. Ils m’accueillent, je me repose, je me rafraîchis, ils murmurent à mon oreille des chants d’oiseaux. Ils sont ma famille.