Auteur : Exp.éditions imaginaires

  • Livre numérique ou livre papier : un faux débat

    Livre numérique ou livre papier : un faux débat

    Un article intéressant à découvrir, une réflexion.

    Résumé : Ce débat est nécessaire et bien compréhensible. Il est ancré dans l’actualité immédiate. Mais si on tente de se placer à l’échelle de l’histoire, on perçoit immédiatement que ce débat binaire (pour ou contre) n’existe pas. La question est résolue. Il n’y a même jamais eu de question. La numérisation de l’information a commencé au 20ème siècle et se poursuivra au 21ème de façon accélérée. Pourquoi ? Parce que les moyens technologiques progressent à pas de géant et qu’il deviendra possible de numériser toute l’information produite par l’humanité. Cela ne concerne pas seulement les livres, mais aussi la musique, la peinture, la sculpture ou l’architecture (la 3D permettra de visionner parfaitement le relief).


    Le développement du livre numérique suscite des interrogations multiples. Cela va de l’aspect pratique (nouvelles fonctions, confort ou inconfort d’utilisation) à l’aspect politico-culturel (qui maîtrisera la diffusion des contenus ?) en passant par l’aspect économique (le livre source de profit).

    Des adversaires farouches du livre numérique se déclarent : c’est décidé, ils en resteront au livre papier ! Des laudateurs du numérique, pas toujours désintéressés, répondent qu’il s’agit d’un support d’information émergent qui ne fera pas disparaître le livre papier mais coexistera avec lui.

    La maîtrise des contenus c’est-à-dire de l’information numérisée est avant tout un problème juridique et par suite politique. Google peut numériser la terre entière, il suffit d’un acte juridique (loi, décret) pour décider à qui appartient le contenu numérisé. Il faudra définir dans ce contenu, ce qui est patrimoine commun de l’humanité et ce qui relève du marché. Il faudra aussi garantir un droit d’accès universel à ce patrimoine commun.

    Dans tous les domaines, les technologies émergentes coexistent pendant un certain temps avec les technologies déclinantes.

    La pierre polie a coexisté avec la pierre taillée. Le métal a coexisté avec la pierre polie. L’automobile n’a pas immédiatement remplacé le cheval. Le livre imprimé n’a pas détrôné le manuscrit en quelques années. Le livre numérique n’éliminera pas brusquement le livre papier. Mais la numérisation a déjà gagné la partie : c’est un mode de codification de l’information qui permet des traitements automatisés sans équivalent. Quant au support de sortie, il pourra être diversifié selon les évolutions technologiques futures mais, à moyen terme, le papier risque fort de devenir l’exception face aux performances croissantes et aux coûts décroissants des nouveaux supports. Le livre papier pourrait devenir un objet de luxe.

     Je comprends mal ceux qui, déjà, pleurent la disparition du livre papier alors que nous en sommes inondés. Réjouissons-nous plutôt de voir advenir un monde où l’on pourra en un clin d’œil télécharger n’importe quelle œuvre de n’importe quel auteur.

     Lire l’article en entier sur : Patrick AULNAS

  • Gutenberg plus moderne que la liseuse ?

    Gutenberg plus moderne que la liseuse ?

    Le livre papier plus écolo que le livre numérique ?

    Selon une étude de Carbone 4, l’empreinte carbone d’un livre papier est de 1,3kg d’équivalent CO2 ; celle d’une liseuse de 235kg. Il n’y a véritablement match que pour des ogres de la lecture, au-delà de 180 livres lus…

    Sachant qu’un Français ne lit en moyenne que quatorze livres chaque année, selon une étude BVA de 2016. Ce lecteur moyen aurait donc besoin de près de treize ans pour amortir, écologiquement parlant, sa liseuse électronique. Mais qui utilise pendant treize ans un seul et même support digital ?
    La dématérialisation n’est donc pas la panacée que l’on croit ?

    Liseuse ou papier

    Le recyclage des livres est déjà entré dans les mœurs : il passe par la collecte des livres pour les redistribuer auprès de bibliothèques municipales
    (étrange🤔 j’ai lu dans un article que j’ai publié récemment : « Les bibliothèques ? Elles recherchent des ouvrages en bon état. « Trier représente un coût pour les éditeurs qui, de surcroît, tueraient le marché commercial en donnant gracieusement des livres à des clients habituels. » »
    • La réutilisation du papier pour d’autres produits cartonnés.
    • Les Bouquinistes

    On a du mal à y voir clair ? Chacun défend son fromage. Pourtant j’aimerais comprendre. Publiant régulièrement, je préfèrerais le faire le plus écologiquement possible…
    Le cabinet américain Nielsen, leader mondial d’analyse des comportements des consommateurs, pointe aujourd’hui du doigt la « fatigue digitale », en particulier chez la jeune génération accro au smartphone. Selon son directeur de recherche Steve Bohme, de plus en plus de « jeunes utilisent des livres imprimés sur papier pour se reposer des écrans et des réseaux sociaux ».

    Vrai, pas vrai ?
    ✒ Perso, j’ai pris le car fin 2017, sur une distance assez longue, il était rempli de jeunes, je n’ai pas trouvé beaucoup de lecteurs papiers, j’ai d’ailleurs été étonnée de les voir lire si longtemps sur leur smartphone ou autre petit écran.
    via Le livre papier, plus écolo que le livre numérique ?

  • La plupart des livres finissent en rouleaux de papier toilette !

    La plupart des livres finissent en rouleaux de papier toilette !

    Comment éviter qu’un livre sur quatre soit détruit ?

    Cette proportion est même beaucoup plus importante pour le livre « noir » – sans images : romans et essais — puisqu’elle peut représenter jusqu’à 50% voire 80% pour certains romans de la rentrée littéraire.

    Des solutions ?

    1. L’impression à la demande
    2. Le livre numérique. D’autres solutions pour éviter de massacrer les forêts inutilement ?
    3. On broie des livres pour faire du papier recyclé. Mais peu de livres sont imprimés sur du papier recyclé car les consommateurs n’en veulent pas. Dommage non ?

    Les réflexions intéressantes relevées dans l’article…

    Que faire ?
    De nombreux éditeurs donnent à des associations : Bibliothèques sans frontières, RecycLivres, le festival annuel « Partir en Livres » (fête du livre pour la jeunesse), le mouvement « Lire et faire lire ».

    Donner ? À qui ?

    • En premier lieu, il faut que l’offre rencontre la demande, ce qui n’est pas évident. « Rien ne sert d’envoyer en Afrique des livres qui ne seront pas lus car ils ne correspondent pas aux programmes scolaires ou aux besoins locaux. »
    • Les bibliothèques ? Elles recherchent des ouvrages en bon état. « Trier pour elles représente un coût pour les éditeurs qui, de surcroît, tueraient le marché commercial en donnant gracieusement des livres à des clients habituels. »

    Aux SDF et migrants
    Ce qui suppose un lourd travail avec les éditeurs et pose deux questions principales : l’obstacle de la langue (la plupart des migrants ne lisent pas le français) et le coût. En effet, il ne faut pas perdre de vue que l’édition est une industrie qui a du mal à être rentable, quand elle ne joue pas tout simplement sa survie.
    via Comment éviter qu’un livre sur quatre soit détruit

  • Un chocolat chaud ? En attendant nos publications de Noël

    Un chocolat chaud ? En attendant nos publications de Noël

    Je l’avoue, je suis une fervente admiratrice des histoires de Béatrix Potter, Gabrielle Vincent, Kenneth Grahame, Charles Dickens, Hans.C.Andersen, les frères Grimm, Charles Perrault ; des illustrations d’Arthur Rackham, Warwick Goble, Emma F.Harrison, Gustave Doré,  Edmund Dulac, Jessie W.Smith, Ivan Y.Bilibine, etc. de leurs animaux merveilleux, fantastiques, ils ont enchanté les soirées de mon enfance.

    Je pense qu’une grande partie des choix de ma vie s’est faite en accord avec mes livres de chevet, leurs histoires ont eu une grande influence sur moi.

    Les bois sillonnés par blaireau, les creux d’arbres qui abritent la famille souris, le balai de la sorcière Baba Yaga, le chat du pays des merveilles… Ils sont les habitants de la grande demeure de mon enfance, un domaine « secret » que j’ai fréquenté assidûment et qui m’a offert des heures inoubliables. Des livres magiques, qui réenchantent le monde.

    Lectures d'enfance


    Grâce à eux j’ai pénétré dans le monde imaginaire. Imaginaire ? Cela dépend de l’angle sous lequel on se place. Ne serait-ce pas plutôt un monde parallèle ? Tout mon esprit se confondait avec l’imagination : les moindres événements de ma vie prenaient des allures grandioses, chaque instant était chargé de présages. Tout m’exaltait…


    Cet endroit existe toujours, il est chaleureux et se parfume selon la saison, il est peuplé de compagnes et de compagnons qui ne m’ont jamais quitté et qui m’ont permis d’en rencontrer de nouveaux. C’est avec plaisir que je vous en présente quelques-uns pour cette fin d’année 2017. Avec l’illustrateur Sylvano Bulfoni dont je suis une admiratrice, nous vous mitonnons deux jolies fictions : « Le moulin magique », d’après un conte de la tradition orale et « Le Noël de Minipatte », le premier tome d’une fiction jeunesse tout droit sorti de cet endroit secret.

    Encore un peu de patience et ces deux livres illustrés pourront rejoindre votre table de chevet, ou celle de vos enfants, de vos petits-enfants. Je n’en dis pas plus… À bientôt !

    contes-de-noel
  • Ayez le courage de lire les « AUTRES » auteurs !

    Ayez le courage de lire les « AUTRES » auteurs !

    Quand je vois à la rentrée tous ces livres niaiseux qui envahissent les librairies alors qu’ils ne sont, quelques mois plus tard, plus bon qu’à se vendre au kilo.[…] Le pire ce sont les livres-express, les livres d’actualité : sitôt commandés, sitôt écrits, sitôt imprimés, sitôt télévisés, sitôt achetés, sitôt retirés, sitôt pilonnés. Les éditeurs devraient inscrire à côté du prix la date de péremption, puisque, ce sont des produits de consommation.

    Sophie Divry, La côte 400

    Ci-dessous l’extrait d’un article de Catherine Serre paru en juin 2016 sur Diacritik. Une chronique que j’ai beaucoup appréciée l’an passé, et que je me fais un plaisir de partager au moment de la rentrée.

    La littérature n’assume pas – en discours – d’être un produit de consommation, comme, par exemple, de reconnaître qu’elle a troqué son idéal littéraire contre un idéal marchand et qu’elle se formate aux lois du marché en standardisant ses genres selon des sujets formatés comme en paupérisant les formes narratives de son écrire.
    D’évidence, il y a une obéissance, pour ne pas dire une soumission, peut-être une forme de compromission nécessaire, obligée, contrainte de la littérature au marché, parce que la littérature qui n’épouserait pas ces standards et ces formats se donnerait moins de chance de se vendre, et donc de perdurer.

    Et si le style vivait ailleurs ? Ailleurs que dans le mainstream qui a vendu son style au diable et ailleurs que dans l’amateurisme qui se prend pour écrivain.

    Ayez le courage d’aller chercher les « autres » auteurs, ceux qui ne sont ni les vendus d’une littérature qui a perdu son âme ni les promoteurs de leurs anecdotes, ceux qui ont un projet littéraire, une vision de la création, une implication pour une langue qui secoue l’asservissement, un courage tous les jours de vivre pour une littérature riche, exigeante, fruit d’un énorme travail.

    La musique a su nommer ses styles, peut-être cela lui assure-t-il la reconnaissance possible d’une diversité à travers une multitude de productions. On ne reproche pas à un musicien de trouver de nouvelles voies de diffusion. Il est facile en musique de séparer talent et diffusion. Un mouvement inverse est même à l’œuvre, quitter Universal est devenu un titre de gloire.  Un peintre peut exercer et vendre depuis son atelier sans passer par une galerie.

    Rien de tel en littérature. Pourquoi ? Si le grand éditeur ne vous choisit pas, vous n’êtes rien. Si le grand vous lâche vous devenez moins que rien, si vous gardez le petit, vous n’existez pas.

    Il ne s’agit pas de dire que tout est bon dans la production indépendante (ce serait naïf), mais il est nécessaire de s’y perdre un peu pour y trouver de nouveaux repères, d’y exercer un œil critique qui accepte d’y lire la langue autrement, de détecter ce qu’on n’y cherche pas forcément, la trace ou l’évidence du style ou au contraire ce qu’on y déteste mais y exercer une présence active, à la découverte. Un peu de constance sera bien utile, car l’abandon par oubli serait tout aussi injuste que la découverte par engouement. Il faut suivre les auteurs et leurs évolutions. Devenir fidèle, garder un regard large et s’affranchir des genres.

    Explorez les genres et prenez le risque d’analyser les langues qui y sont à l’œuvre, transmettez vos découvertes, soyez ouverts et accompagnez les auteur.e.s qui créent un style et une langue vibrante en prise avec l’histoire.

     

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