Louison – Épisode IV

• Il était une fois •

La vie ici était si ardente et si douce…
Partir là-bas, avec les nuages,
garder le souvenir de mes amies dans un jardin de ma mémoire,
comme un bouquet magnifique à jamais verdoyant.

Tel un bateau, quitter le port…

Qui restera sur le quai pour me suivre jusqu’à la tombée de la nuit ?


Résumé de l’épisode 4
Tout est presque vide, la maison de Trentemoult et l’atelier du passage Pommeraye, il ne reste que quelques affaires à empiler dans les cartons.

Louison déambule dans les pièces, elle découvre le cadeau merveilleux de Katia Tallinn. Elle s’interroge… A-t-elle raison de partir ? Que s’est-il passé avec Jacques ? Et si le cahier volant était aussi le sien…


Feuilleton numérique épisode 4 « Louison Tome I »
Un roman de Marie an Avel
Parution septembre/2021
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Livre numérique
1,99
  • illustré
Livre papier
21
  • Livre illustré

Extrait – Prologue

Journal


[…] J’ai la tête en vrac en ce moment, je ne cesse de ruminer sur ma décision de quitter Nantes. Partir ! Est-ce la bonne décision ? Est-ce le meilleur choix pour mon travail, pour les enfants ? Retourner vivre chez mes parents à 40 ans passés, n’est-ce pas un signe d’échec, une incapacité à m’adapter à la réalité, une faiblesse, une fragilité ? Je doute de tout, je reste dans l’incertitude, certains sont si à l’aise devant les choix, si prompts à agir, je me sens… Aide-moi Némê…
Némê — Suis-je à la bonne place pour être à même de te donner le bon conseil ?
Louison — Éclaire-moi, tu as toujours su le faire, s’il te plaît !
Némê — Je vais essayer. Tu as pris ton temps, tu as pris cette décision en pesant chaque chose, ce n’est pas un choix précipité. Tu te sens encore hésitante, surtout dans votre monde qui érige la vitesse en modèle, mais lorsque tu sais qu’il existe d’innombrables degrés entre le noir et le blanc, tous ces dégradés que tu connais si bien, c’est bien pesé. Tu as toujours fait comme ça, depuis que je te connais ; devant chaque choix, chaque carrefour, chaque question pertinente, tu t’es posée un instant, tu as réfléchi, avec une certaine inquiétude mais sans hâte excessive. Certains appellent cela de la lenteur, un manque d’assurance, laisse-les dire, d’autres y verront un début de sagesse. Ceux qui paraissent forts, qui s’affirment avec conviction, qui imposent leur supériorité avec le plus de véhémence — regardés comme les piliers de votre société humaine — sont parfois des hypocrites, sont peut-être les moins méritoires. Bien sûr, tu dois agir selon ta meilleure conviction ; mais comment peux-tu être sûre que ta conviction est la meilleure, la meilleure pour les autres, pour les tiens ?
En ce moment tu as l’impression de perdre pied, tu te sens comme un canot à la dérive, mais vivre assurée de ce que tu es et figée dans ce que tu penses te rendrait insensible. Qui ne doute pas ? Qui ne s’étonne jamais ? « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter » affirmait Kant, un de vos philosophes. Penser c’est douter. […]

  • Extrait 2

Elle attrapa un tube de rouge à lèvres dans la mallette ouverte d’Anna, plus exactement du baume contre le froid, au goût framboise – sa fille en mettait souvent, c’était presque une addiction – elle s’en passa sur les lèvres avec l’index, avec cette bouche contorsionnée qu’ont les femmes lorsqu’elles se maquillent, elle couvrit également celles d’Îris, elles étaient un peu pâles ; puis, satisfaite d’avoir remis un peu d’éclat à leurs visages, elle tourna une autre page de l’album photos en disant à Îris, « maintenant que nous sommes en beauté, continuons notre exploration ».
Sur cette image elle devait avoir vingt et un ans, elle était immature, insouciante, imprudente, vulnérable ; debout dans une barque, entre Jacques et… elle ne se souvenait plus de son prénom – Luc ou Fred – à quelques mètres d’une grande plage, à moitié ivre, elle chantait.
« Ouiiii, je me souviens de cette soirée, on chantait à tue-tête cette chanson de John Lennon », elle prit les mains d’Îris et les remua en cadence en fredonnant, « Imagine on the people, living life in peace… oh, oh… oh… on a eu de la chance de ne pas chavirer ce soir-là. » Sur la photo, la jeune fille de vingt et un ans aujourd’hui disparue l’interpella…


« Louison », le premier tome du roman, « Les souvenirs oubliés sont-ils perdus à jamais » à paraître en triptyque a été publié dans sa version papier fin 2019. Nous le publions en version numérique en 2021, sous forme de six épisodes.

Par Exp.éditions imaginaires

Membre du Cercle des fées