J’errais solitaire nuage

J’errais solitaire nuage,
Qui vogue haut sur monts et vaux,
Quand d’un coup je vis une foule,
Un essaim dansant de jonquilles ;
Le long du lac et sous les arbres,
Dix mille dansant dans la brise.

Près d’elles les vagues dansaient,
Mais brillaient moins qu’elles n’étaient gaies ;
Ravi ne peut qu’être un poète
En si riante compagnie :
Je scrutai, scrutai, sans savoir
Quel trésor leur vue me confiait :

Car souvent lorsque je m’allonge
Que je sois rêveur ou pensif,
Elles brillent pour l’œil intérieur,
Félicité des solitaires,
Et de plaisir mon cœur s’emplit
Et danse parmi les jonquilles.

W.Wordsworth (1807)

Traduit de l’anglais par ©Maxime Durisotti

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Par Marie an avel

Auteure indépendante. Je publie des livres numériques et des livres imprimés ; livres d'artiste, romans, contes, romans jeunesse illustrés.