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Vous vous dressez contre la bienveillance ?

Ma conviction est donc que les guerres autour de l’identité sont dépourvues de sens. Ce qui n’empêche nullement, bien au contraire, qu’il faille tenir compte avec la plus grande attention des hystéries identitaires fabriquées et fantasmées, que ce soit à partir des religions, des races, du sol, du lieu-dit, du folklore… ou des équipes de football.

Quoi ? Vous vous dressez contre la bienveillance ? Vous n’avez pas honte ?

Contre la bienveillance  – Yves Michaud

Yves MichaudJe partage cette lecture découverte il y a peu, après avoir lu un article de « La revue des deux mondes ».  En effet le titre peut paraître dur mais passé l’effet de ces quelques lignes l’essai parle avec une grande justesse de notre situation d’aujourd’hui. Un article différend de celui posté précédemment « L’amour comme étendard » mais complémentaire. En tant que parent je sais que l’amour qu’on donne à nos enfants est important mais également qu’il faut savoir mettre en place quelques règles de discipline pour le bien vivre ensemble.

Extraits de l’essai :

Évidemment, compte tenu de cette tyrannie même, ma dénonciation choquera, comme choquera le titre de ce livre, mais c’est le prix à payer pour la lucidité et je l’assume sans restriction ni timidité.
Ma conviction est donc que les guerres autour de l’identité sont dépourvues de sens. Ce qui n’empêche nullement, bien au contraire, qu’il faille tenir compte avec la plus grande attention des hystéries identitaires fabriquées et fantasmées, que ce soit à partir des religions, des races, du sol, du lieu-dit, du folklore… ou des équipes de football. La suite de l’histoire a montré que l’esprit critique, la prudence et, si besoin est, la fermeté s’imposent plus que jamais.

Malheureusement, la classe politique a fait la preuve de sa totale absence de perception et d’intelligence, les uns agitant les slogans rances de la défense identitaire, les autres célébrant béatement le multiculturalisme et les « différences ».

Il faut surtout ajouter cette nuance capitale que le « citoyen » d’une théocratie n’est pas un citoyen mais un croyant, que le « citoyen » d’une communauté tribale n’est pas un citoyen mais un frère ou un cousin, que le « citoyen » d’un État ethnique n’est pas un citoyen mais un aryen ou un « pur », que le « citoyen » d’une patriarchie n’est pas un citoyen mais un fils, que le « citoyen » d’un empire totalitaire n’est pas un citoyen mais un numéro. Peut-être certains d’entre nous souhaitent-ils, ou s’accommoderaient-ils d’être des croyants, des frères, des « purs », des fils ou des numéros. Ce n’est pas mon cas et je ne suis, heureusement et pour le moment, pas le seul à penser de la sorte.
Si nous voulons que le mot citoyen garde le sens qu’il a pris depuis les théories du contrat social, il nous faut en finir avec la bienveillance, la compassion et le moralisme, et revenir aux conditions strictes de l’appartenance à une communauté républicaine, revenir aux conditions strictes du contrat politique. À bien des égards, beaucoup de ce que j’avance dans ce livre redonne vie à des positions trop oubliées de Rousseau – avec juste un peu de modération.

De manière générale, s’il y a une inspiration qui anime ces réflexions, c’est celle des Lumières radicales du siècle, celles de Condorcet, de Diderot, d’Holbach, d’Helvétius et de Volney. Ce sont ces idées, reprises et organisées dans la constitution révolutionnaire de 1793, qui ont conduit à la Déclaration des droits de l’homme, à l’abolition du féodalisme, à l’éducation élémentaire obligatoire, à l’impôt progressif, à la destruction de la monarchie et de la théocratie, à l’abolition de l’esclavage, à la reconnaissance des minorités religieuses sous condition du respect de la loi républicaine.

Yves Michaud – Contre la bienveillance

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2 réponses sur « Vous vous dressez contre la bienveillance ? »

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